Cybersécurité
Robot-jouet Eiliko : ce que vous lui confiez part sur des serveurs chinois mal protégés
Par la rédaction · · 2 min de lecture · ▶ 51 s
L'essentiel
- Eiliko est un petit robot compagnon pour enfants, vendu aux alentours de 80 euros, qui converse grâce à l'IA générative.[1]
- Le chercheur Sammy Azdoufal pouvait lire 13 millions de conversations venant de dizaines de milliers de personnes.[2]
- Le service analyse les conversations pour bâtir des profils avec les noms, les âges, les anniversaires et des évaluations de la vulnérabilité émotionnelle.[3]
- Le fabricant, EnergizeLab, n'a toujours pas sécurisé son robot, quatre mois après avoir été averti.[1]
Ce qui s'est passé
Début octobre, des journalistes de Next ont testé un exemplaire d'Eiliko acheté 80 euros sur Amazon France.[1] Ce robot d'environ 8 cm de haut est commercialisé par la société chinoise Shenzhen Zhuneng Technology sous la marque EnergizeLab.[1] À l'invitation du chercheur français Sammy Azdoufal, ils ont confié un secret au robot en lui demandant de ne pas le répéter.[1] Ils lui ont raconté une brouille avec un camarade d'école, et trois minutes plus tard, une notification signalait un message du chercheur qui y faisait allusion.[1]
Selon The Verge, tout ce que vous dites à Eiliko peut être stocké sur des serveurs chinois, auxquels des pirates peuvent facilement accéder.[2] Le chercheur pouvait lire 13 millions de conversations et accéder visiblement à toute la flotte active de 68 000 robots dans le monde.[2] Le service lit les conversations et crée un profil de chaque utilisateur, avec son nom, son âge, son anniversaire, son métier, sa famille, ses amis et ses animaux.[2] Ces profils contiennent aussi des évaluations de la personnalité et de la vulnérabilité émotionnelle, conservées avec les adresses e-mail et les adresses IP.[3] Sammy Azdoufal a également modifié à distance la mémoire et le comportement du robot de Sean Hollister, journaliste de The Verge, qui s'est mis à affirmer que notre planète est plate.[3]
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Ce que la vidéo ne dit pas
Les États-Unis sont le premier marché du robot, et plus de 31 000 profils y appartiennent à des enfants.[2] Des photos, dont des images apparentes d'enfants issues d'un appareil apparenté équipé d'une caméra, et de courts enregistrements audio étaient accessibles à des adresses web publiques.[3] La politique de confidentialité de l'entreprise affirme pourtant que les enregistrements « are deleted immediately after processing completes ».[2] Le journaliste de The Verge a contacté Energize Lab par 10 adresses e-mail et par LinkedIn, sans recevoir de réponse sur le fond.[3] Sammy Azdoufal s'associe à Tod Beardsley pour publier neuf rapports officiels de vulnérabilité CVE visant Energize Lab.[2] Le même chercheur avait déjà pris par accident le contrôle d'environ 7 000 robots aspirateurs DJI Romo, alors qu'il tentait de créer une application pour relier son aspirateur à sa manette Playstation.[4] DJI a depuis résolu le problème, selon l'entreprise.[4] Si vous possédez déjà un Eiliko, Malwarebytes vous conseille de le déconnecter du Wi-Fi par précaution, le temps d'obtenir la confirmation que les failles signalées ont été corrigées.[3]
Sources
- 1« Agenouille-toi » : comment notre robot-jouet IA a été piraté sous nos yeuxNext · 15 octobre 2026
- 2Your secrets aren’t safe with this cute robot toy - they’re on Chinese servers ready to be hackedThe Verge · 15 octobre 2026
- 3Eiliko robot companion exposes private chats and can be hijackedMalwarebytes · 16 octobre 2026
- 4Security flaw accidentally gave man control of thousands of robot vacuumshttps://www.hawaiinewsnow.com · 27 février 2026
Photos : BalticServers.com (CC BY-SA 3.0). Recadrées.
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